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Une intervention de pointe très rare pour le service de cardiologie de la Clinique Saint-Luc Bouge : une fermeture percutanée de régurgitation paravalvulaire mitrale a été réalisée ce vendredi 29 janvier 2021.

La régurgitation paravalvulaire ou fuite paravalvulaire de la valve mitrale est une complication cardiaque rare qui survient chez des patients dont de la valve mitrale a été remplacée par une prothèse valvulaire. Cela se traduit par une communication anormale entre l’oreillette gauche et le ventricule gauche apparaissant juste à côté de la prothèse. Cela peut entrainer chez le patient une décompensation cardiaque, qui se manifeste par un essoufflement au moindre effort ou au repos et des oedèmes des membres inférieurs. Une autre conséquence peut être une anémie hémolytique, c’est-à-dire une destruction d’une partie des globules rouges du patient liée au passage du sang dans cette cavité anormale.

Jusqu’il y a peu, la seule possibilité thérapeutique pour le patient était une nouvelle intervention chirurgicale. Cependant, une telle chirurgie est associée à un haut risque de mortalité. C’est dans ce contexte que des prothèses, destinées à colmater la fuite, ont été développées. Ces prothèses peuvent être acheminées dans le coeur à l’aide de cathéters : on parle alors de fermeture percutanée de régurgitation paravalvulaire mitrale.

La voie d’accés principale pour réaliser ce type de fermeture était jusqu’à récemment la voie « transapicale » : un petit trou est alors créé à la pointe du coeur et permet d’amener la prothèse. Si cette intervention est moins lourde qu’une seconde chirurgie cardiaque, elle est néanmoins associée à un risque de complications plus important. C’est pour cette raison que les cardiologues interventionnels tentent aujourd’hui d’amener la prothèse en passant par l’aine du patient et en utilisant l’artère et la veine fémorale pour introduire les cathéters. C’est cette voie d’accès qui a été choisie par les cardiologues de la Clinique Saint-Luc Bouge.

La procédure est réalisée sous anesthésie générale. Pour naviguer dans les cavités cardiaques pendant l’intervention, le cardiologue interventionnel utilise en partie la radioscopie (rayons X) mais aussi et surtout les images d’échographie obtenues en temps réel par un autre cardiologue, spécialisé en échographie. C’est grâce à la combinaison de ces images que l’opérateur peut franchir la fuite pour ensuite venir délivrer la prothèse qui la colmatera. L’échographie permet ensuite de valider la position de la prothèse en place et de s’assurer de la réussite de l’intervention.

Les complications sont un risque de décès de 1 à 2% des cas selon la littérature, soit 10 fois moins qu’une nouvelle chirurgie cardiaque.

En l’absence de complication, le patient peut quitter l’hôpital le lendemain de l’intervention.

Grâce à cette technique interventionnelle, l’équipe de cardiologie de la Clinique Saint-Luc Bouge peut aujourd’hui offrir des nouveaux traitements de pointe à ses patients.

Médecins responsables de l’intervention :
Dr François Simon, chirurgien cardiaque
Dr Christophe Laruelle, cardiologue
Dr Nada Lakiss, échographiste

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