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Le terme « stress », qui vient de l’anglais to stress (se sentir soucieux) est de plus en plus omniprésent dans les conversations, les médias, etc.
Il est tant employé pour définir la nature du stress (souvent une épreuve), l’origine du processus (pression, contraintes) ou encore ses effets.
Ce phénomène toucherait presque un travailleur sur quatre et serait à l’origine d’au moins 50% d’absentéisme (Agence européenne pour la santé et la sécurité au travail).

Mais que se cache-t-il derrière ce terme ? Quelles en sont les causes les plus fréquentes ? Quand devient-il « pathologique » ? Quels symptômes doivent alerter ?
Ou encore, comment le prendre en charge ? Cet article tente d’aborder brièvement, et surtout de façon non-exhaustive !, ce thème complexe. 

Définition

Le stress apparaîtrait lorsqu’un individu ressent ses capacités comme inférieures face aux demandes d’une situation à laquelle il est confronté. Dans la plupart des cas, ce type d’épreuve est traité en mettant en place des stratégies nommées « stratégies de coping », qui permettent de dépasser les soucis quotidiens. Ces épisodes de stress ponctuel sont courants et non pathologiques. Ce phénomène s’appelle « l’eustress » et est même nécessaire au fonctionnement humain, à sa motivation.

Cependant, il arrive que les ressources personnelles soient considérées comme insuffisantes comparativement au défi observé. Le stress devient alors chronique. Ce type de stress est décrit par Corten (2009) comme suit :

  • état de tension persistant
  • l’individu se sent incapable de répondre adéquatement à la situation à laquelle il est confronté
  • ne pas répondre adéquatement peut engendrer des conséquences significatives en termes  physiologiques, psychologiques, sociales.

Ce stress chronique est à différencier du stress aigu, relatif lui à une situation précise, qui est lui circoncit dans le temps. Le stress chronique apparaît donc lorsque le stresseur persiste.

Étiologie

L’étiologie du stress est multifactorielle et comprend des origines biologiques, psychologiques et sociaux (trouble biopsychosocial). Selon un ouvrage collectif supervisé par Mikolajczak, cinq facteurs pourraient être cités (2006) :

  1. Personnalité et compétences : une charge de travail importante sera d’autant plus stressante si l’individu ne possède pas les compétences pour y faire face.
  2. Événements de vie antérieurs : une charge de travail sera d’autant plus lourde à porter si la personne fait face à des événements de vie « stresseurs » dans sa vie privée.
  3. Variables biologiques : certains individus seraient manifestement plus sujets au stress et plus facilement « stressables » que d’autres.
  4. Variables sociales : les personnes ayant un entourage peu soutenant et peu de personnes ressources seraient plus à risque d’éprouver du stress.
  5. Variables socio-démographique : la tendance soulignerait que les hommes seraient légèrement avantagés par rapport aux femmes en matière de gestion du stress.
Symptomatologie

Différents symptômes peuvent être observés et attirer l’attention des personnes concernées et des professionnels de la santé ! Ils seront classer en trois catégories (Mikolajczak, 2013).

  1. Symptômes subjectifs : détresse psychologique, sentiment d’incapacité à faire face, sentiment d’être constamment sous pression
  2. Symptômes comportementaux : hyperactivité, irritabilité, sautes d’humeur
  3. Symptômes physiques : insomnies et/ou altération de la qualité du sommeil, augmentation de la fréquences des maux somatiques divers (tête, ventre, dos, etc.), augmentation de la fréquence et/ou de la sévérité des crise en cas de maladies chroniques (migraines, eczéma, syndrome du côlon irritable, etc.)

En outre, la littérature indique des liens entre le stress et une altération dans les comportements et/ou une modification du style de vie. Peuvent entre autres être cités : la consommation tabagique augmentée, la consommation d’alcool ou de substances également majorée, la modification du comportement alimentaire, l’augmentation du risque d’accident domestiques, de la route, etc.

Prise en charge : exemples

Différentes stratégies sont à envisager, au cas par cas, selon la situation, l’orientation du médecin/du psychologue, etc. Agir sur le stress suppose, idéalement, d’agir sur les facteurs déclencheurs (source de stress à modérer, voire à supprimer) mais également sur la personne-même (renforcer les compétences de la personne à faire face aux situations potentiellement stressantes).

Des approches générales sont citées ci-dessous, pour ensuite aborder plus précisément l’une d’entre elles : la médiation pleine conscience.

Certaines « techniques » considérées comme classiques pour apaiser ce stress regrouperaient

  • La prise en charge médicale : aucun traitement médicamenteux « type » n’est envisagé, celui-ci étant bien à comprendre au regard des spécificités de la personne et de la situation. Cependant, les anxiolytiques seront généralement envisagés.
  • Prises en charge psychologiques : quelle que soit l’orientation ou le courant thérapeutique de l’intervenant qui accompagnera la personne, il s’agira, d’une manière ou d’une autre, de renforcer les compétences de gestion du stress de l’individu, d’une part en l’aidant à mieux identifier les sources de stress, et, d’autre part, en élargissant son répertoire de stratégies adaptatives. Classer les différentes stratégies envisagées au sein des thérapies représente un sujet bien trop large et ne pourra donc être approfondi dans cet article.

Une méthode privilégiée pour prendre le stress en charge est la méditation pleine conscience. Cette approche, appartenant à la thérapie cognitivo-comportementale dite de « troisième vague » (Hayes, 2004 ; Teasdale, 2004) est initialement définie par son fondateur, Jon Kabat-Zinn, comme «  un état de conscience qui émerge du fait de porter son attention, de manière intentionnelle, au moment présent, sans juger, sur l’expérience qui se déploie moment après moment » (Kabat-Zinn, 2003, p. 145).  Cette approche peut être mise en place tant individuellement (souvent le cas au sein du service de psychiatrie de notre clinique) qu’en groupe.

Inviter la personne à se centrer sur l’exploration de l’expérience vécue ici et maintenant comporte de nombreux bénéfices. En effet, nous observons des améliorations auprès de personnes sujettes au stress, améliorations soutenues par la littérature telles que : une diminution des ruminations (Watkins, 2004 ; Heeren et al., 2010), un apaisement des différentes angoisses (Barlow et al., 2004 ; Barlow et al., 2006), un rapport différent aux douleurs somatiques (Kabat-Zinn, 2003), etc. tant de symptômes qui ont très souvent tendance à alimenter le stress.

Pour conclure, cet article n’est donc pas exhaustif dans le domaine du stress. Néanmoins, nous espérons avoir pu sensibiliser tout un chacun à être attentif à des signes avant-coureurs pour, le cas échéant, les identifier, et surtout, prendre soin de vous…

Juliette DEDEUR,
Pshychologue

 

Références

Barlow, D. H., Allen, L. B., & Choate, M. L. (2004). Towards a unified treatment for emotional disorders. Behavior Therapy, 35, 205-230
Barlow, D. H. (2006). Psychotherapy and psychological treatments: The future. Clinical Psychology: Science and Practice, 13, 216-220.
Corten, Ph. (2009). Stress et stress pathologique. Working paper. Université Libre de Bruxelles, Belgique.
Hayes, S. C. (2004). Acceptance and Commitment Therapy, Relational Frame Theory, and the third wave of behavioural and cognitive therapies. Behavior Therapy, 35, 639-665.
Heeren, A. & Philippot, P. (2010). Les interventions basées sur la pleine conscience : une revue conceptuelle et empirique. Version modifiée de  Heeren, A. & Philippot, P. (2009). Les interventions basées sur la pleine conscience. Revue Francophone de Clinique Comportementale et Cognitive, 14, 13-23.
Kabat-Zinn, J. (2003). Mindfulness-based intervention in context: Past, present and future. Clinical Psychology: Science and Practice, 10, 144-156.
Mikolajczak, M. (2006). Modèle biopsychosocial du stress. In M. Mikolajczak, (2013). Les interventions en psychologie de la santé. Paris : Éditions Dunod.
Mikolajczak, M. (2013). Les interventions en psychologie de la santé. Paris : Éditions Dunod. Teasdale (2004)
Watkins, E. (2004). Adaptive and maladaptive ruminative self-focus during emotional processing. Behaviour Research and Therapy, 42, 1037-1052.

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